Du dispositif d’alerte à l’action : Comment harmoniser les interventions pour anticiper les chocs climatiques
Au Sénégal, les systèmes d’alerte précoce existent. Mais ils restent encore dispersés. L’enjeu est désormais de mieux les articuler pour passer d’une logique de réaction aux catastrophes à une véritable culture de l’anticipation.
Face à l’intensification des risques climatiques, le Sénégal dispose de plusieurs initiatives et dispositifs destinés à faire face aux événements susceptibles d’affecter les populations et les territoires. Pourtant, la multiplicité de ces dispositifs pose un défi majeur : comment mieux les connecter, harmoniser les approches et transformer les informations disponibles en décisions et en actions anticipés ?
C’est précisément l’un des enjeux de la rencontre organisée du 29 septembre au 01 octobre 2026 à l'hôtel AXIL Dakar dans le cadre du projet ASPIRE, qui accompagne l’élaboration de la Feuille de Route Nationale pour la Protection Sociale Anticipative.
Pour rappel des travaux conduits au cours du mois précédent ont permis d’identifier et d’analyser les dispositifs existants face à plusieurs aléas climatiques, notamment la sécheresse, les inondations, les vagues de chaleur et les vagues de poussière.
Cette première étape a permis de mettre en évidence les forces et les limites des différents dispositifs.
La rencontre actuelle vise désormais à aller plus loin : il s’agit d’identifier les lacunes, de rapprocher les propositions issues des différents groupes de travail et de rechercher des réponses communes.
L'objectif n'est plus seulement de savoir ce que chaque dispositif peut faire, mais de comprendre comment ces dispositifs peuvent mieux fonctionner ensemble.
Cette réflexion intervient dans un contexte où la réponse aux catastrophes reste souvent privilégiée.
Comme l’a souligné Omar Cissé chargé du projet ASPIRE dans son allocution d'ouverture le réflexe traditionnel consiste à attendre que le choc survienne avant de mobiliser les ressources nécessaires pour secourir les populations affectées.
Or, l’approche portée par ASPIRE cherche à inverser cette logique : anticiper pour réduire les impacts plutôt que réagir lorsque les dommages sont déjà survenus.
L’un des arguments avancés lors de la rencontre concerne précisément le coût de l’inaction et de la réaction tardive. Des études citées, notamment celles de la Banque mondiale, montrent l’intérêt économique d’investir davantage dans la prévention et l’anticipation plutôt que de concentrer les ressources sur la réponse après le choc.
Les échanges ont également permis de rappeler les différentes étapes du travail engagé, mais surtout d’identifier les lacunes pour construire des solutions pérennes.
La rencontre a également enregistré la participation de plusieurs acteurs institutionnels concernés par les questions de sécurité alimentaire, de résilience, de changement climatique, de prévention et de développement territorial.
Marie Mbengue, du Secrétariat technique du Conseil national de sécurité alimentaire et Directrice de la Résilience et du Changement climatique, a notamment salué l’initiative et l’importance de cette démarche collective.
La diversité des institutions représentées témoigne de la nécessité d’une approche décloisonnée. La prévention et l’anticipation des risques ne peuvent en effet relever d’un seul acteur : elles nécessitent une articulation entre les institutions publiques, les collectivités, les structures techniques, les acteurs scientifiques et les partenaires.
L'ambition est claire : éviter la juxtaposition des initiatives et construire une intervention plus cohérente, plus coordonnée et plus efficace.
À travers cette dynamique, le projet ASPIRE contribue ainsi à poser les bases d’un système dans lequel les données, les systèmes d’alerte, les mécanismes de financement et les responsabilités institutionnelles peuvent davantage fonctionner comme les composantes d’un même dispositif.
À l’issue de cette rencontre, une étape importante a été franchie dans le processus d’élaboration de la Feuille de Route Nationale, qui sera consolidée lors d’une prochaine rencontre réunissant à nouveau l’ensemble des acteurs nationaux.