RESICOM: 21 hectares de mangrove restaurés à Ufoyal Kasa Bandial
Chaque matin, après plusieurs heures de navigation à travers les bolongs, les pirogues atteignaient les sites de Bandial, Kaléane et Oumeubeul, dans l’Aire Marine Protégée d’Ufoyal Kasa Bandial, au cœur de la Casamance.
Pendant quatre journées, les communautés de Bandial et des villages environnants, accompagnées par de nombreux jeunes volontaires de Greenpeace, se sont mobilisées pour une même cause : restaurer la mangrove et contribuer à la préservation de leur territoire.
Sur les sites, les conditions sont exigeantes. La boue rend les déplacements difficiles, la pluie accompagne parfois les travaux et les journées se prolongent jusqu’à 19 heures avant que les équipes ne reprennent les pirogues pour le retour. Mais la mobilisation ne faiblit pas.
Les jeunes transportent les sacs de propagules, les trient, les préparent puis s’engagent dans la vase pour les mettre en terre. Sous la supervision des agents de l’AMP Ufoyal Kasa Bandial, les équipes progressent ensemble, hectare après hectare.
Au terme de ces quatre journées, 21 hectares de mangrove ont été reboisés. Derrière ce résultat, il y a d’abord une formidable mobilisation humaine. Celle de jeunes venus des villages, qui ont apporté leur énergie et leur détermination, mais aussi celle des volontaires de Greenpeace, des équipes d’ENDA ENERGIE et des agents de l’Aire Marine Protégée.
Cette mobilisation rappelle une évidence : la restauration d’un écosystème ne repose pas uniquement sur des moyens techniques et financiers. Elle dépend aussi de la capacité des communautés à s’approprier les enjeux, à participer et à devenir actrices de la protection de leur environnement.
À Bandial, Kaléane et Oumeubeul, cette dynamique a pris une forme particulièrement concrète. Des jeunes ont accepté de travailler pendant de longues heures, parfois sous la pluie et dans une boue particulièrement dense, pour contribuer à restaurer un espace naturel dont ils sont directement les premiers concernés.
Ces 21 hectares viennent contribuer à l’objectif global de 100 hectares de mangrove restaurés dans le cadre du projet RESICOM entre les zones de Fatick et de Ziguinchor. Cet objectif désormais atteint témoigne de l’ampleur des efforts engagés et de la capacité des différents acteurs à unir leurs forces autour d’un même enjeu.
Mais derrière l’objectif atteint, la mangrove restaurée doit être suivie et protégée. Les plants doivent pouvoir reprendre, les zones restaurées doivent être surveillées et les communautés doivent continuer à jouer leur rôle dans leur préservation.
C’est pourquoi l’engagement local est aussi important que la plantation elle-même. La présence des communautés sur le terrain crée les conditions d’une appropriation durable des actions de restauration.
Cette campagne s’inscrit dans le cadre de RESICOM 3, porté par ENDA ENERGIE, avec l’appui de l’Ambassade d’Irlande et de Mitsubishi Corporation Foundation for EMEA. Le projet vise à renforcer la résilience des écosystèmes de mangrove et des communautés à travers la restauration et la conservation de la biodiversité.
L’expérience vécue à Ufoyal Kasa Bandial montre ce que peut produire un partenariat lorsque les moyens rencontrent l’engagement local. Les partenaires apportent un soutien essentiel à la mise en œuvre. Les équipes techniques accompagnent les opérations. Les agents de l’AMP assurent la supervision. Et les communautés donnent à l’action sa véritable force.
Mais le résultat le plus précieux est peut-être ailleurs; dans cette jeunesse qui a choisi de participer, dans ces communautés qui se sont mobilisées et dans cette volonté collective de préserver un patrimoine naturel dont dépend l’avenir du territoire.
La restauration de la mangrove ne s’arrête donc pas avec la dernière propagule plantée. Elle se poursuit dans le suivi des sites, dans la protection des plantations et dans la capacité des communautés à continuer d’agir.
À Ufoyal Kasa Bandial, quatre journées de travail ont permis de restaurer 21 hectares. Elles ont surtout montré qu’avec une jeunesse engagée, des communautés mobilisées et des partenaires investis dans la durée, la restauration des territoires peut devenir une véritable dynamique collective.