E-DOYLU 2 à Médina Yoro Foulah : poser les bases d’un modèle intégré énergie–agriculture pour une résilience territoriale durable
Le 22 avril 2026, la commune de Médina Yoro Foulah a procédé au lancement du projet E-DOYLU 2, une initiative portée par ENDA ENERGIE, avec l’appui technique d’ANIDA, financée par African Climate Foundation (ACF), qui vise à structurer durablement les systèmes agricoles locaux à travers une intégration effective de l’énergie propre dans les chaînes de valeur. L’atelier a ainsi constitué un véritable espace de cadrage technique, permettant de confronter les ambitions du projet aux réalités du terrain, d’identifier les conditions de réussite et d’aligner les acteurs autour d’une mise en œuvre opérationnelle.
La deuxième phase du projet E-Doylou s’inscrit dans un contexte marqué par une combinaison de contraintes structurelles et climatiques telles que la faible structuration des filières agricoles, l’accès limité aux équipements et aux marchés, la pression sur les ressources naturelles et la vulnérabilité accrue des systèmes de production face à la variabilité climatique . Dans ce cadre, E-DOYLU 2 se positionne comme une réponse intégrée visant à renforcer la résilience socio-économique des populations, en particulier des jeunes et des femmes, en agissant simultanément sur les leviers de production, de transformation et de gouvernance.
Le cœur de l’intervention repose sur la réhabilitation du périmètre maraîcher de Némataba, conçu comme une plateforme productive structurante. L’approche technique prévoit la mise en place d’infrastructures hydro-agricoles combinées à des solutions énergétiques durables, afin d’améliorer l’accès à l’eau, de sécuriser les cycles de production et d’optimiser les rendements. Cette intégration énergie-agriculture constitue un axe central du projet, en permettant de lever un verrou majeur au développement des chaînes de valeur rurales.
Les discussions tenues lors de l’atelier, en présence des autorités et des représentants de la commune de Pata, première bénéficiaire du programme, ont permis d’affiner plusieurs orientations techniques. L’intégration de l’élevage dans le système de production a été identifiée comme une priorité, notamment par le développement de cultures fourragères répondant à un besoin critique en matière d’alimentation du bétail. Par ailleurs, des mesures d’optimisation agroécologique ont été proposées, telles que l’installation de brise-vents pour améliorer les conditions microclimatiques du périmètre, ainsi que des solutions de stockage et de conservation (notamment des chambres froides) pour réduire les pertes post-récolte et stabiliser les revenus.
L’atelier a également mis en évidence l’importance d’une gouvernance locale structurée. La mise en place d’un comité de gestion du périmètre, doté de règles claires et d’une représentation inclusive, a été identifiée comme une condition indispensable pour assurer la durabilité des investissements. L’implication précoce des services techniques (agriculture, élevage, eaux et forêts) a été soulignée comme un facteur clé pour garantir la cohérence technique des interventions et prévenir les risques d’échec liés à un manque de coordination.
Un autre axe structurant du projet concerne le renforcement des capacités. E-DOYLU 2 prévoit un accompagnement technique et organisationnel des producteurs, visant à améliorer les pratiques agricoles, renforcer la professionnalisation des acteurs et favoriser une meilleure insertion dans les marchés. Cette dimension est essentielle pour dépasser les limites actuelles liées au faible niveau de structuration des filières et pour assurer une création de valeur durable à l’échelle locale.
Le projet s’inscrit également dans une logique de planification territoriale à travers l’élaboration d’un Plan Climat Énergie Territorial (PCET). Cet outil permettra à la commune de structurer ses priorités en matière de développement et de climat, tout en facilitant l’accès à des financements, notamment via des mécanismes climatiques. L’articulation entre actions opérationnelles et planification stratégique constitue ici un levier déterminant pour assurer la pérennité et la mise à l’échelle des résultats.
Les impacts attendus du projet sont multidimensionnels. Sur le plan économique, il vise une augmentation significative de la productivité et des revenus des ménages grâce à une meilleure maîtrise des facteurs de production et à une valorisation accrue des produits. Sur le plan social, il ambitionne de renforcer l’inclusion économique des jeunes et l’autonomisation des femmes, en leur offrant des opportunités d’accès à des activités génératrices de revenus. Sur le plan territorial, le projet contribue à réduire les dynamiques d’exode rural en consolidant des opportunités locales durables.
Enfin, l’atelier de lancement a permis de mettre en évidence la forte appropriation du projet par les acteurs locaux. L’engagement des collectivités, notamment à travers une contribution à la réhabilitation du périmètre, ainsi que la mobilisation des organisations communautaires, traduisent une dynamique collective favorable à la réussite du projet. Les échanges ont également insisté sur la nécessité de construire une autonomie progressive, en évitant une dépendance excessive vis-à-vis des partenaires.